Je clarifie ce que l’époque disperse.
Je rends lisible la complexité.
Le prix de la lucidité
J’ai travaillé près de vingt ans en Europe, dans la prospective stratégique et le développement des organisations publiques et privées. Au plus près des décideurs confrontés à des choix complexes, j’ai appris à lire les mutations, à anticiper, parfois même à provoquer des bifurcations, et à garder un cap dans l’incertitude. Mais à force de cartographier les futurs possibles, je les prenais aussi de plein fouet.
La surinformation, le devoir de tenir, l’habitude de sourire, l’hyperactivité comme blindage : ce n’était pas un tempérament, c’était une stratégie de survie. La lucidité non digérée devenait un poison lent. Sur le papier, tout allait bien. Dans mon corps, plus rien ne tenait, à part l’évidence : avec des approches scientifiques, techniques ou relationnelles seulement, on ne traverse pas vraiment l’époque ; on apprend seulement à encaisser.
Le navire Almakan
Je ne me suis pas tournée vers l’art comme on change de voie. J’ai toujours été artiste peintre et autrice. Simplement, cette part de moi a longtemps dû rester clandestine. Alors j’ai suivi d’autres lignes de légitimité : l’ingénierie, puis la direction d’entreprise ; mais je n’étais pas un empilement de choses, j’étais déjà un tout.
Le vrai basculement a commencé lorsque j’ai décidé de ne plus fragmenter mon identité pour la rendre acceptable. Il m’a fallu cesser d’alterner entre les parts de moi séparées, et commencer enfin à composer. L’art pour l’immersion. La prospective pour le décryptage. La pensée complexe pour l’orientation. Non plus en parallèle, mais en convergence.
Aujourd’hui, mon navire s’appelle Almakan. J’y fais de la transdisciplinarité un art à part entière. Je relie ce que l’on dissocie d’ordinaire, pour rendre les futurs possibles plus lisibles et plus praticables.
Ce qui m’anime ? Offrir des repères à celles et ceux qui se sentent à l’étroit ou se gaspillent dans une vie qu’ils n’ont pas vraiment choisie ; les aider à décloisonner leur rapport au futur, à retrouver du discernement, et à réouvrir leur espace de choix, sans catastrophisme, déni, utopie ou promesse magique. De la clarté, du sens et de la marge de manœuvre.
Mes convictions profondes
L’imaginaire du futur s’est atrophié. Nous avons pris l’habitude de réduire ce que nous n’arrivons plus à entrevoir, ou ce qui nous effraie. Dépourvue d’horizon, l’imagination se contracte ; faute d’entraînement, l’esprit évite la complexité ou la découpe en tranches trop maigres pour en restituer la richesse.
Notre monde est saturé d’alertes, de distractions et de réponses prémâchées. Il finit souvent par tourner en rond dans le même bocal. Or on ne réouvre pas l’avenir sans briser ce cercle.
Je ne crois ni aux raccourcis intellectuels, ni aux promesses de transformation en cinq clés et trois secrets. Je crois que l’on peut retrouver de la clarté sans sacrifier la nuance, et apprendre à lire son époque avec assez d’envergure pour discerner, choisir, se repositionner et agir avec plus de justesse.
Je crois qu’il est possible de redonner à notre pensée sa profondeur de champ, et à l’imagination son amplitude, pour réapprendre à traverser la complexité sans s’y dissoudre, et aborder avec confiance le monde qui vient.
Mes fondations
Les valeurs qui me portent sont la liberté, l’altérité, la curiosité, l’exigence, l’innovation, l’éthique, l’intégrité, l’humanisme et l’altruisme.
J’ai grandi dans les Présence du Futur de Denoël, nourrie par la pluralité des écrivains de science-fiction. Mes influences viennent aussi bien des arts visuels que des arts littéraires : Léonard de Vinci, Odilon Redon, Gustave Moreau, Salvador Dalí, Enki Bilal, Ernest Pignon-Ernest, Wojtek Siudmak, mais aussi Charles Baudelaire, Edgar Allan Poe, Jules Verne, Pierre Teilhard de Chardin, Hannah Arendt ou Edgar Morin.
Ce qui m’élève, et me donne le sentiment d’être complète plutôt que parfaite, c’est de créer. Créer pour servir, servir pour créer : du sens, du fond, des formes et des futurs.
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J’y mêle l’inédit, le beau et le fond, pour ouvrir l’horizon et déplacer le regard sur le futur, sans ajouter de bruit.
P.S. : pas de jour fixe d’envoi. J’écris lorsque j’ai vraiment quelque chose à dire.
